Maladie méconnue, mais fréquente, l’endométriose touche environ 10 à 20 % des femmes en âge de procréer, soient 2 à 4 millions de Françaises. Si cette maladie gynécologique est bénigne, ses troubles et symptômes chroniques peuvent avoir de graves conséquences sur la fertilité et la qualité de vie. Pour lutter contre la méconnaissance de cette maladie chez le grand public et le personnel de santé, une campagne de sensibilisation a été lancée. Des courts-métrages ont été diffusés sur les réseaux sociaux et dans les cinémas pour faire sortir cette maladie de l’ombre et tenter de vaincre le tabou.

Une campagne de sensibilisation pour lever le tabou

Encore trop méconnue, l’endométriose est une maladie dont les symptômes ont un impact global sur la qualité de vie et affectent la vie sociale des femmes qui en souffrent. Cette maladie génétique invalidante a pour origine un développement anormal de la muqueuse utérine. La présence de tissu utérin ou endométrial en dehors de la cavité utérine crée des lésions au niveau des organes touchés.

Certaines femmes peuvent être atteintes d’endométriose profonde, lorsqu’il existe une atteinte digestive ou urinaire.

En moyenne, au moins sept ans s’écoulent entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic de la maladie. Ce retard de diagnostic fiable est en partie dû à la complexité de la pathologie, fréquemment détectée par un concours de circonstances et après plusieurs années de présence. Aussi, cette maladie demeure complexe, car ses manifestations varient d’une femme à l’autre. Certaines en sont atteintes des années sans jamais vraiment s’en rendre compte, jusqu’à l’évolution de cette maladie à un stade fort avancé.

Pour en finir une bonne fois pour toute avec le tabou, une campagne de sensibilisation a été lancé au travers d’un court-métrage intimiste dans le quotidien des femmes atteintes d’endométriose. Écrit et réalisé par Carolina Guidotti et Annabelle Mai, « Endosphère » relate en 6 minutes tous les points importants autour de l’endométriose.

Mieux informer pour mieux réduire l’errance diagnostique

Les symptômes très variés et peux spécifiques de l’endométriose conduisent à une errance diagnostique et thérapeutique majeure. Une approche diagnostique pluriprofessionnelle et graduée devient une nécessité surtout dans le cas d’une recherche d’endométriose pelvienne profonde.

Le manque de prise en charge suffisamment coordonnée entraîne également un retard de diagnostique et une incapacité de la part du personnel de santé de livrer aux patientes atteintes, une information adaptée sur les alternatives thérapeutiques, les bénéfices et les risques.

C’est pourquoi le ministère de la Santé a lancé des mesures pour réduire le retard de diagnostique et améliorer la prise en charge des femmes atteintes par cette maladie complexe et douloureuse. Lors de sa visite au centre de l’endométriose de l’hôpital Saint-Joseph à Paris, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a réaffirmé sa volonté d’apporter des réponses concrètes aux femmes qui vivent cette maladie trop souvent et pendant de longues années en silence, faute de diagnostic ou de prise en charge adaptée. À ce titre, la ministre a demandé à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de renforcer la communication auprès des chercheurs, des professionnels de santé mais aussi du grand public.